Institut des hautes études en développement et aménagement et des territoires en Europe




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Session 8 / 8 - 9 novembre / Paris

Transition numérique, territoires et bien-être

L’irruption du numérique est porteuse de transformations politiques et sociales dans les territoires : il y bouleverse les jeux d’acteurs, renouvelle la représentation, la connaissance, le pilotage et les usages du territoire, rend possibles de nouveaux services, crée de nouvelles opportunités de développement économique et de localisation des activités, etc. Mais les finalités du numérique ne sont pas écrites d’avance. À cet égard, l’usage des données, en particulier des données de santé, constitue un formidable enjeu. Elles peuvent favoriser le décloisonnement des politiques sectorielles, les progrès en épidémiologie, la mobilisation collective et le débat démocratique. Mais elles font aussi surgir le spectre d’une société de la transparence absolue, multipliant les dispositifs de contrôle des pratiques individuelles et privatisant les bénéfices de l’exploitation des données.

Jeudi 8 novembre

09 :15 – 09 :30
Mot d’accueil du directeur des affaires publiques d’Enedis, Pierre Guelman  


09 :30 – 10 :00
Introduction de la session par Jacques-François Marchandise  


10 :00 – 11 :00
Enguerrand Halbran
Confronté au foisonnement des projets numériques innovants, la Fédération hospitalière de France a structuré un ensemble de critères pour apprécier la pertinence de ces projets (entre autres, IoT-Internet des objets, M-Santé, Big Data, Blockchain etc.) et accompagner l’évolution des relations entre acteurs publics et acteurs du numérique. Elle explore également la piste de l’innovation frugale.


11 :15 -13 :00
Données personnelles et collectives : les data, objets frontières du territoire

Les données ne sont plus le seul fait des experts, informaticiens et statisticiens, elles sont devenues des objets politiques, économiques et sociaux : leurs producteurs sont plus hétérogènes que jamais, leurs usages décloisonnent les silos des entreprises et des administrations. Fortement territorialisées, elles jouent un rôle accru dans les choix d’aménagement, le développement des services et la fabrique des politiques publiques. Cette séquence permet une première focale sur les données personnelles et particulièrement le « self data » : comment articuler donner personnelles et collectives en lien avec des projets territoriaux ?

Fabien Coutant  
L’opérateur national de distribution de l’électricité, Enedis, est directement confronté aux nouveaux enjeux des données sur le territoire, à la fois en tant qu’opérateur impliqué dans l’anticipation des réseaux électriques et comme acteur de projets collectifs liés aux usages numériques, aux services de demain et à leur gouvernance territoriale, dans un contexte multi-acteurs.

Sylvie Kermabon  
MGEN (Groupe Vyv) s’est engagé dans un projet en lien avec les données de santé des usagers. C’est le cas depuis 2017 avec « Mes données, Ma santé », mis en place avec la FING et le pôle de compétitivité CAP DIGITAL. Le Groupe Vyv mène aussi actuellement deus POC (projets « preuves de concepts »), l’un sur les analyses médicales et leur maîtrise numérique par les patients-assurés sociaux, l’autre sur la mesure géolocalisée de la qualité de l’air, avec de riches perspectives pour les usagers comme pour les acteurs territoriaux.

Jacques-François Marchandise  
La Fing conduit le programme MesInfos et des projets de « self data territorial » avec Nantes Métropole, La Rochelle et le Grand Lyon.

L’échange mettra ces projets en perspective avec les initiatives internationales de portabilité des données comme le « blue button » (santé) et le « green button » (énergie) américains, et leur impact en termes d’innovation et de jeu d’acteurs.


14 :15 – 15 :15
Jacques-François Marchandise  
Séquence collaborative

Temps d’échanges visant à partager les connaissances et les questionnements des auditeurs sur le thème de la session, et à faire des liens avec les sessions précédentes du cycle.


15 :15 – 16 :30
Willy Allègre  
Santé, numérique et innovation dans les territoires et l’action publique

Le Centre mutualiste de Ker pape (56) est un établissement de soins de rééducation, de réadaptation et d’insertion sociale, professionnelle et/ou scolaire, et également un centre de recherche et d’innovation tirant parti des potentiels du numérique, au travers de nombreux projets expérimentaux et appliqués. Il a notamment mis en place le Rehab-Lab. permettant l’éco-conception d’aides techniques avec les personnes en situation de handicap. Il est au cœur du projet Handicap Innovation Territoire, lauréat de la première vague de l’appel à projets TIGA (territoires d’innovation de grande ambition), manifestant l’ancrage territorial de cette démarche.


16 :45 – 18 :00
Jacques-François Marchandise  
Numérique et territoires

Cette première séquence propose un cadre de compréhension des mutations territoriales dans un monde traversé par le numérique. Elle vise à partager quelques repères sur les enjeux et les acteurs concernés et à engager les auditeurs dans une écoute active nourrie de leurs propres expériences et questionnements.


Vendredi 9 novembre

09 :00 – 11 :00
Promesses et controverses du numérique pour les démarches territoriales de santé (séquence collaborative).
En s’appuyant sur les interventions des deux jours et sur des documents soumis à discussion, il s’agit de qualifier les promesses et les potentiels du numériques, mais aussi les difficultés, dissensus et controverses, afin de mieux percevoir les marges de manœuvre et points d’appui d’une stratégie territoriale.


11 :15 – 12 :45
Marie Coirié  
Numérique, santé et liens sociaux

L’apport du design est précieux pour envisager les dispositifs numériques en santé au prisme des usages, des liens sociaux et des enjeux de santé du territoire, plutôt que d’approches centrées sur la nouveauté de l’offre technique. En prenant appui sur différents terrains territoriaux et médicaux, il s’agit ici de se focaliser sur les facteurs de lien du numérique et son intégration dans le soin et les réalités humaines de la santé.


14 :00 – 16 :30
Ateliers : Travaux de groupes


Les intervenants

Jacques-François Marchandise   est délégué général de la Fondation internet nouvelle génération (Fing), association qu’il a cofondée en 2000 et qui questionne les potentiels et les enjeux de la société numérique.
Prospectiviste, ses principaux travaux portent sur les transformations numériques de la société : mutations des territoires et des villes, transformations de l’action publique et de la démocratie, transition écologique, travail et emploi, éducation, inclusion.
Chercheur associé au CREAD (Rennes) et à l’Institut Mines Telecom, co-titulaire avec Milad Doueihi de la chaire de recherche du Collège des Bernardins « L’Humain au défi du numérique » (2015-2017), il a coordonné le projet de recherche ANR Capacity (Fing-Telecom Bretagne-Rennes2, 2015-2018), portant sur les réalités du pouvoir d’agir à l’ère numérique.

Fabien Coutant   est chef de projet gouvernance des données à Enedis. Après 8 ans passés dans des sociétés de conseil en énergie et en télécommunication, Fabien Coutant   a rejoint Enedis, où il est membre de l’équipe Data Gouvernance. Il y est en charge de projets multiples, autour des données personnelles ou encore de l’Open Data, depuis les expérimentations de terrain à la stratégie de gouvernance des données.

Sylvie Kermabon   pilote plusieurs projets d’innovation numérique en santé autour des données personnelles à la MGEN (groupe VYV). Après presque 20 ans dans le conseil informatique, elle a intégré le Groupe MGEN pour piloter les grands projets d’organisation et les transformations avec une forte composante numérique.
Elle a rejoint la direction Données et stratégie numérique du Groupe VYV lors de sa création en tant que responsable de projet.
Le thème de la qualité de l’air est un des thèmes d’exploration du groupe VYV et particulièrement le croisement possible avec des données de santé.

Willy Allègre   est docteur en Sciences de l’université de Bretagne-Sud et travaille au laboratoire d’électronique du Centre de Kerpape (56) en tant qu’ingénieur spécialisé dans les assistances technologiques. Ses activités couvrent les domaines suivants : domotique, communication alternative et améliorée, interaction homme/machine, aide au déplacement, robotique… Il est actuellement impliqué dans le projet REHAB-LAB (fablab intégré dans des structures de soins pour permettre aux patients de créer eux-mêmes leurs propres aides techniques) et le projet handicap Innovation Territoire (HIT) qui vise à développer le territoire de Lorient Agglomération autour du handicap et de l’innovation.

Enguerrand Habran   est directeur du Fonds Recherche et innovation de la Fédération hospitalière de France (FHF) depuis février 2016. Diplômé d’un Master 2 en biotechnologies et d’un Master 2 en sciences du génome et des organismes, il a d’abord travaillé dans le domaine de l’intelligence artificielle en cofondant la start-up Catalyser en 2010. Il est rapidement revenu dans le domaine de la santé en créant et en présidant, en 2014, l’association What Health. Ce think tank, qui a pour mission de faire émerger et d’accompagner l’innovation numérique dans le domaine de la santé, est partenaire de plusieurs fédérations hospitalières et centres de recherche ou encore d’écoles d’ingénieurs et d’universités.

Marie Coirié   est designer, responsable du Laboratoire de l’accueil et de l’hospitalité du Groupement hospitalier de territoire de Paris, Psychiatrie et Neurosciences. Elle enseigne le design de services à l’Université de Nîmes, à l’ENSCI/Les Ateliers et dans des formations professionnelles spécialisées. Avant d’intégrer le GHT, elle a co-fondé le groupe Care&Co avec l’agence de design User Studio. Spécialisée dans les champs sanitaires et sociaux, elle participe à promouvoir les démarches d’innovation dans la conception de services publics depuis 10 ans, notamment aux côtés de la 27e Région.