Les ateliers sont un travail collectif en petits groupes d’une quinzaine d’auditeurs pour approfondir une problématique située dans un territoire, proposée à la réflexion par un organisme ou une collectivité partenaire.
-
Atelier 1 - Montagne limousine Communautés de communes Creuse Grand Sud
23 septembre 2026
Montagne limousine – Communautés de communes Creuse Grand Sud
Aux confins des 3 départements de Haute-Vienne, Corrèze et Creuse, à l’écart des métropoles et des grands axes de communication et incarnée par le plateau de Millevache aujourd’hui classé Parc naturel régional, la « montagne limousine » se distingue par la recherche de modèles sociétaux alternatifs et par la multiplicité et la richesse des initiatives qui s’y développent. Victime bien avant d’autres territoires de l’exode rural, du déclin démographique, du vieillissement et de la disparition progressive de services publics, la montagne limousine a appris à ne pas attendre les secours extérieurs pour ré-inventer ses propres outils et mécanismes de développement et de solidarité, à partir de ses ressources endogènes.
Dans le secteur de Faux-la-Montagne (Creuse), cette dynamique s’incarne de manière visible dans des initiatives telle que la Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) l’Arban. Née en 2010, aujourd’hui considérée comme une véritable « entreprise de territoire », elle combine une foncière solidaire, une « agence d’urbanisme rural » et un atelier d’accompagnement à l’auto-réhabilitation. Forte de 244 sociétaires, elle réunit particuliers, collectivités, entreprises et autres acteurs de la société civile dans son capital, pour conduire des études urbaines, opérations d’aménagement et de revitalisation du territoire (logements, activités), là où les réalités du marché ne mobilisent pas spontanément les investisseurs et acteurs classiques. Parmi les premiers écoquartiers primés nationalement, celui-ci de Faux-la-Montagne constitue une réussite exemplaire de ces manières de faire.
Ces initiatives s’expriment dans tous les domaines : dans la (re)constitution de services d’intérêt collectif résilients face au retrait progressif des services publics, comme dans les activités économiques. Par exemple, la scierie parqueterie menuiserie Ambiance Bois, société anonyme à participation ouvrière (SAPO) créée en 1988 également basée à Faux-la-Montagne, est une des premières entreprises « autogérées » de France, régulièrement citée en exemple.
Dans ces dynamiques cohabitent assez efficacement différentes sensibilités et visions, dans une capacité originale à gérer les différences. La vitalité du monde associatif et coopératif local et la dynamique humaine qui s’en dégage constitue un facteur d’attractivité pour de nouvelles populations et est à l’origine d’un récent rebond démographique du territoire.
Comment la communauté des acteurs locaux évalue-t-elle ses réussites et ses échecs aujourd’hui ? Peut-on parler d’un « modèle » de développement territorial, et quelle inspiration pour d’autres territoires ? Quel dosage entre autonomie/autarcie et ouverture au monde ? Quelles capacités de résilience, fragilités ou menaces pour l’avenir ?
À travers un panel varié de rencontres, l’atelier, qui sera accueilli par la SCIC l’Arban et ses partenaires publics, associatifs et privés, explorera ces questions. -
Atelier 2 - Est-Gironde
23 septembre 2026
Est-Gironde
Les territoires du libournais et du castillonnais, au Nord-Est du département de la Gironde, ont connu des époques économiques prospères jusqu’à la 2e moitié du 20e siècle. La désindustrialisation progressive de ces territoires et l’entrée en crise structurelle du vignoble bordelais (à l’exception des grands crus), leur a fait progressivement intégrer le « croissant de la pauvreté » qui court du Nord du Médoc au Lot-et-Garonne. Les fragilités socio-économiques ainsi que les disparités de revenus y sont importantes et le vieillissement comme la perte démographique s’accélèrent. Le territoire fait désormais cohabiter difficilement les populations rurales historiques et des populations plus récemment arrivées de la métropole bordelaise, du fait du « débordement » de son marché immobilier.
Héritage des périodes de prospérité, un important patrimoine bâti ancien compose les centres-bourgs historiques mais aussi l’habitat rural dispersé. Le réinvestissement de ce patrimoine bâti pour répondre aux besoins des populations est aujourd’hui une priorité, justifiée par le ZAN, l’accès au logement, aux services et équipements pour une population à faible revenu et/ou vieillissante, ou encore les enjeux de revitalisation des centres-bourgs pour de nouvelles activités.
Face ces défis combinés, les territoires se mobilisent et de nouveaux acteurs et modèles émergent, en marge des logiques habituelles du marché immobilier. Des opérateurs territoriaux innovants telle que la coopérative Habitats des possibles, couplée aux interventions de l’association Territoires des possibles, réinvestissent ces bâtis en prenant en compte les aspirations individuelles et en réinventant l’habitat semi-collectif. Ce faisant, elles expérimentent de nouvelles solutions d’ingénierie territoriale rurale et des processus participatifs inspirants. Ces structures ont déjà à leur actif plusieurs projets réussis d’habitats inclusifs et participatifs pour seniors, menés en intelligence avec les collectivités locales et le soutien de nombreux partenaires qui permettent de les rendre réellement abordables aux petits revenus.
Parallèlement, des acteurs privés majeurs (grands domaines, fondations) souhaitent s’investir au titre de leur responsabilité territoriale. Des synergies public -privé voient ainsi le jour autour de ces projets qui déjouent la fatalité. La demande des élus augmente et des projets allant au-delà de la cible habitat partagé sont désormais à l’étude, malgré leur complexité.
Dès lors et face à l’ampleur des enjeux, la question des conditions de réussite pour poursuivre le développement de ces modèles « alternatifs » se pose : quelle synergie entre les efforts du secteur public et du secteur privé ? comment concilier approche « humaine et personnalisée » et développement quantitatif de la réponse ? Quels facteurs clés de succès pour l’ingénierie locale ? Quel rôle des processus participatifs ? quels modèles de financement ? Quelle innovation dans l’action publique (financement, réglementation) pour accompagner ces ruptures ?
Accueilli par la coopérative Habitats des possibles en lien avec les collectivités partenaires et investisseurs territoriaux, cet atelier a vocation à enquêter sur les réalisations en cours et à éclairer les perspectives d’avenir, sur ce territoire et plus largement. -
Atelier 3 - Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup
23 septembre 2026
Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup
Il y a encore 40 ans, l’économie du territoire du Grand Pic Saint-Loup (Hérault, 36 communes, 5000 hab), au nord immédiat de l’agglomération de Montpellier, reposait largement sur un modèle relativement lisible : une économie viticole structurante, organisée autour de la production locale, de la coopérative et de la vie de village.
Aujourd’hui, ce modèle s’est profondément recomposé sous l’effet de la proximité de Montpellier et des dynamiques résidentielles et touristiques (croissance démographique annuelle de plus de 2% depuis les années 2000, qui tend à se rapprocher des 1% désormais).
Le territoire autrefois productif s’est progressivement transformé en espace d’économie résidentielle et touristique. Pour éviter une « dortoirisation du territoire », pour limiter les déplacements domicile-travail en direction de la métropole et pour offrir des activités aux actifs habitants le territoire, l’économie uniquement « présentielle », bien qu’utile, ne suffit pas. Il est nécessaire de pouvoir développer une économie productive à valeur ajoutée.
Mais qu’est-ce qu’une économie productive en 2026 dans un territoire comme le Grand Pic Saint-Loup ?
• Le territoire a déjà identifié un certain nombre de filières (agro, santé, ICC, numérique), mais quelles sont les critères d’attractivité et de succès pour permettre à des entreprises de s’installer, se développer et fidéliser une main d’œuvre locale ?
• Quelle nature de coopération gagnant-gagnant dans la relation à la métropole ? Dans le système territorial plus largement ? Quelles alliances et quelles postures ?
• Comment repenser dans ce contexte le rôle du foncier économique, compétence principale de l’EPCI en matière de développement économique ? Quels autres leviers la collectivité pourrait-elle activer ?
• Comment articuler trois logiques parfois concurrentes : l’accueil d’actifs résidents travaillant ailleurs, la création d’activités et d’emplois sur place et la montée en puissance de l’économie touristique et des services ? L’atelier sera amené à explorer cette question de la reformulation du paradigme de l’économie productive locale et des facteurs de durabilité de l’économie du territoire. -
Atelier 4 - La Mure / Susville
23 septembre 2026
La Mure / Susville
La Matheysine, au sud-est de l’Isère, est un territoire de frontière - entre régions AURA et PACA, entre Isère et Hautes-Alpes. Elle est constituée du plateau matheysin, d’une altitude moyenne de 900 mètres, d’une grande partie de territoire montagneux, culminant à près de 3000 mètres d’altitude et de multiples lacs. Ce territoire de 20 000 habitants est historiquement marqué par l’exploitation agricole et les ressources du sous-sol (anthracite).
Placé en grande partie dans l’aire d’attraction de la région grenobloise, la richesse du territoire est largement induite par les résidents travaillant dans la métropole. On note une forte dépendance à la mobilité et notamment à la voiture, ainsi qu’une pression foncière induite par les résidences secondaires.
Le territoire s’est engagé depuis plusieurs années dans une politique de redynamisation qui s’appuie sur la valorisation des ressources naturelles, paysagères et humaines. Il s’était notamment positionné autour de la “pépite” Eau, avec une mise en avant de ses lacs, en créant des aménagements d‘accueil, etc.
Aujourd’hui, en tant que territoire touristique “émergent” dans la région, la pression de la part de la population urbaine métropolitaine augmente, que ce soit sur les lacs de vallée ou de plateau, mais aussi sur les alpages et espaces naturels, avec des flux exacerbés lors des pics de chaleur pour la recherche de fraîcheur ; ce qui entraîne des besoins d’aménagements coûteux et utiles ponctuellement seulement, des crispations côté habitants, et une dégradation de l’expérience vécue par les touristes.
La régulation des flux devient indispensable sur certains sites, mais la gouvernance actuelle n’est pas adaptée pour une gestion globale. Des mesures unilatérales sont prises par certaines communes et il n’existe pas, ou quasiment pas d’instance de dialogue entre les collectivités qui accueillent les flux et les collectivités émettrices.
• Quels leviers pour mieux anticiper et coordonner les flux touristiques et l’accès au territoire, en contexte de réchauffement climatique et engager une vision plus large de développement touristique vers d’autres endroits du territoire, d’autres temporalités saisonnières peut-être ?
• Comment faire des interdépendances avec la Métropole une force de coopération ?
• Quelle coordination entre communes dans les décisions d’accès à la nature, de maîtrise des flux, et des solutions à mettre en œuvre ?
• Comment élargir les retombées économiques positives potentielles pour le territoire, et comment les augmenter ?
À travers un panel de rencontres avec les acteurs du territoire, l’atelier, accueilli par la Communauté de communes de la Matheysine, explorera ces questions.