Jacques-François Marchandise est chercheur et prospectiviste, professeur des universités associé à l’université Gustave-Eiffel (sociologie du numérique). Il a cofondé la Fing, association qu’il a codirigée et dirigée de 2000 à 2022, conduisant des questionnements sur les potentiels de la société numérique. Il explore notamment les enjeux et les formes de l’innovation dans un monde incertain : enjeux d’inclusion, d’appropriation et de maîtrise, enjeux de transition écologique, démocratie et rôles de la société civile, mutations du travail et de l’activité, transformations de l’action publique, développement territorial. Il a conduit ou participé à de nombreuses stratégies et feuilles de route numériques territoriales (régions, départements, métropoles et agglomérations).
Chercheur associé au CREAD (Rennes) et à l’Institut Mines Telecom, il a coordonné le projet de recherche ANR Capacity(Fing+Telecom Bretagne+Rennes2, 2015-2018), portant sur les réalités du pouvoir d’agir à l’ère numérique, sujet qui reste au cœur de ses recherches. Il a été co-titulaire avec Milad Doueihi de la chaire de recherche du collège des Bernardins « L’Humain au défi du numérique » (2015-2017). Il a conçu et piloté le programme collectif "RESET-Quel numérique voulons-nous ?" (2019-2022) impliquant un ensemble d’acteurs publics, privés et associatifs autour d’une réinvention du numérique fondée sur le développement humain et articulée avec la transition écologique.
Cycle annuel 2025Travaux collectifs24 septembre 2025Port-LouisAtelier 5 - Presqu’île de GâvresAux avant-postes de l’adaptation du littoral : renforcer les compétences pour préserver l’habitabilité Contexte et problématique : La presqu’île de Gâvres aux avant-postes de l’adaptation aux défis du littoral lorientais : Renforcer les compétences pour préserver l’habitabilité
Partenaire territorial : Nouveaux Rivages– Akira Lavault (Maison Glaz)
Presqu’île de 650 habitants à l’entrée de la rade de Lorient, reliée au continent par un cordon dunaire long de 9 km, Gâvres est bordée d’un côté par l’océan Atlantique, de l’autre par la petite mer de Gâvres, marais maritime qui se vide à marée basse. Elle est habitée depuis la période romaine au moins, ses habitants ayant vécu de la pêche, de l’exploitation des marais salants et des conserveries de sardines. Outre l’accès routier, elle est également accessible en Batobus par le réseau de transports collectifs de Lorient Agglo. Elle comporte un port de plaisance, 2 campings et 406 résidences secondaires (60% du parc de logements). Compte tenu de sa position stratégique à l’embouchure du Blavet, face à la citadelle de Port-Louis, elle a accueilli des ouvrages militaires depuis plusieurs siècles. La zone militaire occupe aujourd’hui 128 hectares, et est devenue un site Natura 2000 très protégé sous gestion conjointe de l’EPCI (Lorient Agglo), du Conservatoire du Littoral et du syndicat du Grand site Gavres-Quiberon.
Mais c’est aussi l’un des sites de Bretagne les plus vulnérables face à la montée des eaux : selon les scientifiques, elle deviendrait une île à l’horizon +1 mètre. Les habitants en ont déjà eu un avant-goût lors de la tempête Joanna (mars 2008) et, dans une moindre mesure, lors de la tempête Céline (novembre 2023). Une partie de la commune est en zone inondable classée rouge par le PPRL, rendue inconstructible par le PLU. Lorient Agglo, dont Gâvres fait partie, exerce la compétence obligatoire GEMAPI (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations). L’EPCI, en lien avec l’Université Bretagne Sud, a choisi une approche innovante de cette politique publique, à la fois du point de vue des choix techniques en matière de gestion de l’endiguement (solutions fondées sur la nature, tournant déjà en partie le dos aux méthodes d’endiguement fondées sur le génie civil), ainsi que des modes de faire (observatoire citoyen et sciences participatives, partenariats de territoire avec tiers-lieu et université).
Le parti-pris de l’atelier est d’aborder les enjeux d’adaptation du territoire au prisme de l’attention portée aux habitants, à l’acceptabilité sociale et à la gestion prospective des emplois et compétences du territoire, comme un levier d’innovation publique. Cette orientation s’incarne déjà dans l’Observatoire Citoyen du Littoral Morbihannais (OCLM) et dans l’école de la résilience du littoral« Nouveaux Rivages », portée par un consortium : Aloen (Agence locale énergie climat Bretagne Sud), l’Université Bretagne Sud, Inspir4Transitions et Maison Glaz,« tiers-lieu climat et littoral », labellisé Fabrique de territoire par l’ANCT.
Les auditeurs seront confrontés à plusieurs cas d’étude qui sont autant de controverses territoriales et qui soulèvent la question de la conciliation entre les enjeux immédiats (desserte, logement, activité économique) et la planification du recul : l’avenir de la route et plus largement de l’accès à Gâvres ; le projet de lotissement pour attirer de jeunes actifs…
Il s’agira d’imaginer des pistes d’action pour préserver l’habitabilité du territoire avec ceux qui y vivent.
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Cycle annuel 2025Session 26 février 2025Le numérique, vecteur d’une appropriation collective des données environnementales ? Les données des territoires ne sont plus l’affaire des seuls spécialistes, elles sont devenues en quelques années des objets politiques, économiques et sociaux pour les acteurs des territoires. C’est particulièrement vrai des données environnementales, qui sont à la fois au cœur d’enjeux scientifiques et décisionnels, de promesses techno-solutionnistes et d’une montée des pratiques citoyennes et collectives. Face aux enjeux climatiques et de biodiversité, comment rendre les données actionnables par les habitants et les élus ? Quels usages des « géocommuns » de l’IGN qui contribuent à la cartographie de l’anthropocène ? Que nous apprennent les pratiques cartographiques d’OpenStreetMap en situations de crises ? Et sur quel numérique pourra-t-on s’appuyer dans un monde à +4°C ?
Powerpoint
Cycle annuel 20228 décembre 2022Territoires et numérique Ce premier temps vise à poser le cadre général de la session et à la mettre en phase avec les connaissances des auditeurs puisque le numérique est bien connu d’une majorité d’entre eux et que beaucoup sont familiers des enjeux territoriaux.
Les acteurs territoriaux ont depuis longtemps consacré l’essentiel de leurs moyens aux infrastructures numériques et l’essentiel de leurs efforts à l’attractivité et au rayonnement des territoires : la prise en compte de la dimension humaine était écartelée entre l’excellence des talents et le rattrapage des retards. Aujourd’hui, le numérique est sur la sellette et si les stratégies d’acteurs envisagent toujours son développement, le« mieux » prend la place du« toujours plus », le développement endogène et les enjeux de maîtrise collective sont davantage présents.
Après un temps de cadrage et d’échanges, nous accueillerons deux élus porteurs de ces visions actualisées.
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Territoires et numérique : mise en perspective - Jacques-François Marchandise
Cycle annuel 20218 avril 2021Résilience et sobriété numériqueHugues Ferreboeuf présentera les travaux qu’il anime dans le cadre de Shift Project sur la sobriété numérique : quel est l’impact environnemental souvent sous-estimé du numérique ; comment les "effets rebonds » amplifient cet impact ; comment définir et déployer la sobriété numérique ; quel rôle peuvent jouer les politiques locales ?
Jacques-François Marchandise, délégué général de la FING, interviendra sur le thème de la dépendance numérique des territoires, et présentera, en s’appuyant sur des exemples concrets, une approche« capacités-résilience » des systèmes techniques face aux situations de crise ou d’urgence, fondée sur une double opposition : systèmes optimisés et pointus vs systèmes plus simples mais robustes ; systèmes fermés vs systèmes ouverts et débrayables.
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Cycle 20188 novembre 2018Numérique et territoiresCette première séquence propose un cadre de compréhension des mutations territoriales dans un monde traversé par le numérique. Elle vise à partager quelques repères sur les enjeux et les acteurs concernés et à engager les auditeurs dans une écoute active nourrie de leurs propres expériences et questionnements.
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Séquence collaborativeTemps d’échanges visant à partager les connaissances et les questionnements des auditeurs sur le thème de la session, et à faire des liens avec les sessions précédentes du cycle.
Cycle 20188 novembre 2018Données personnelles et collectives : les data, objets frontières du territoireLes données ne sont plus le seul fait des experts, informaticiens et statisticiens, elles sont devenues des objets politiques, économiques et sociaux : leurs producteurs sont plus hétérogènes que jamais, leurs usages décloisonnent les silos des entreprises et des administrations. Fortement territorialisées, elles jouent un rôle accru dans les choix d’aménagement, le développement des services et la fabrique des politiques publiques. Cette séquence permet une première focale sur les données personnelles et particulièrement le« self data » : comment articuler donner personnelles et collectives en lien avec des projets territoriaux ?
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Cycle annuel 2022Session 6Numérique et développement endogène des territoires08-09 décembre 2022WebconférenceA l’heure où le numérique est devenu« obligatoire », on constate malheureusement que les territoires investissent prioritairement dans l’amélioration de la connexion et de l’équipement, délaissant les enjeux de l’apprentissage. Cette session s’interrogera sur les conditions nécessaires pour que le numérique renforce le développement endogène des territoires plutôt que la déterritorialisation, autour de deux enjeux : celui de la transformation des données en connaissances utiles au territoire et celui des compétences. Derrière la question lancinante de la« littératie numérique » s’en cachent plusieurs autres : à quelles conditions le numérique peut-il favoriser l’accès à l’éducation et à la formation quel que soit son lieu de résidence ? Comment peut-il contribuer à la capacitation des habitants, à la reconnaissance des savoir-faire et à la vitalité démocratique ? Comment les compétences numériques peuvent-elles être mise au service du développement local ?
avec
Marine Albarède, Jean-Marie Bourgogne, Alice Bouteloup, Joël Gombin, Yann Huaumé, Emmanuel Letourneux, Jacques-François Marchandise, Mathieu Muselet, Garlann Nizon, pauline Pasquier, Philipe Petitqueux, Pascal Plantard, Gabriel Plassat, Lila Senta-Loÿs, Caroline ZornAccès restreint 🔒
Cycle 2018Session 8Transition numérique, territoires et bien-être8-9 novembre 2018ParisL’irruption du numérique est porteuse de transformations politiques et sociales dans les territoires : il y bouleverse les jeux d’acteurs, renouvelle la représentation, la connaissance, le pilotage et les usages du territoire, rend possibles de nouveaux services, crée de nouvelles opportunités de développement économique et de localisation des activités, etc. Mais les finalités du numérique ne sont pas écrites d’avance. À cet égard, l’usage des données, en particulier des données de santé, constitue un formidable enjeu. Elles peuvent favoriser le décloisonnement des politiques sectorielles, les progrès en épidémiologie, la mobilisation collective et le débat démocratique. Mais elles font aussi surgir le spectre d’une société de la transparence absolue, multipliant les dispositifs de contrôle des pratiques individuelles et privatisant les bénéfices de l’exploitation des données.
avec
Willy Allègre, Marie Coirié, Fabien Coutant, Enguerrand Halbran, Sylvie Kermabon, Jacques-François MarchandiseAccès restreint 🔒
Cycle annuel 2026Session 7Hyperconnectés : quelle autonomie numérique ?Du 19 au 20 novembreIle-de-FrancePorteur de promesses émancipatrices, le numérique est pourtant vecteur de dépendances individuelles et collectives. Incontournable dans la relation aux services publics, à l’emploi, il est porteur d’exclusion sociale. Nous lui confions nos données, le pilotage de nos organisations et de nos systèmes urbains : ses dysfonctionnements prévisibles (bugs et pannes, cybercriminalité, événements climatiques…) fragilisent nos sociétés et nos territoires. L’emprise des géants numériques mondiaux étend son empreinte matérielle et
énergétique et multiplie les risques d’addictions et de manipulations. Face à ces dangers, de nombreuses initiatives de maîtrise collective naissent de la société civile et des collectivités.
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